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Dix jours...et même un peu plusPar bou :: 05/10/2007 à 11:50
Dix jours...et même un peu plus. Dix jours sans écrire, dix sans avoir le temps de passer deux heures à raconter l'humeur du moment, dix jours sans inspiration, de toute façon. Pourtant depuis dix jours il s'en est passé des choses… Depuis dix jours il y a eu "Mon frère est fils unique" à Utopia un samedi soir avec Ana, un film italien sur une fratrie divisée d'abord, entre communiste et fasciste, et dont la réconciliation signera l’éclatement définitif. Depuis dix jours il y a eu Daphnée, ses mélodies tendres et sa voix douce. Depuis Dix jours il y a aussi eu « Anfield Road », ce match magnifique, maîtrisé du début à la fin, une équipe, une vraie, et ce but venu d'ailleurs...cause d'une explosion de joie collective rarement atteinte lors d'un match de l'OM ces dernières années. Depuis dix jours il y a eu un peu de politique aussi. Il y a ce débat sur l'ADN, mon malaise face à cette mesure que je ne souhaite pas voir instaurée mais que j'ai du mal à condamner aussi vivement (et aussi malhonnêtement) que les ténors de ma famille. Mes amis n'arrivent pas à me convaincre, peut être parce que je les crois sur ce thème prisonniers de certains dogmes. Aucun des arguments les plus souvent invoqués ne parvient à me faire ressentir le sentiment de dégoût qu'en bon citoyen de gauche je devrais ressentir devant cette mesure. Mais comment pourrait-il en être autrement devant la faiblesse des arguments si souvent entendus? F. Hollande, interrogé sur LCP par une journaliste sur l'existence de tel test dans 12 autres pays de l'UE n'a rien trouvé d'autre que de relever le caractère facultatif de ce test dans ces pays. Face au journaliste lui faisant alors remarqué qu'il en serait de même en France ...un magnifique "Oui, mais ce n'est pas pareil...car nous on est la France" n’a fait que renforcer ce sentiment de malaise, de « too much » sur une mesure que l’on caricature à l’excès rendant là encore la critique si peu crédible. Invoquer des risques de dérive ? L’utilisation actuelle de l’ADN n’est pas moins « grave » que celle projetée ! Une violation des principes de la loi bioéthique ? Quels principes ? On ne parle pas ici d’une vielle loi, centenaire (comme celle sur la liberté de la presse en 1881 et celle de 1901 sur la liberté d’association). On parle de la dérogation par une loi à une autre loi (bioéthique) datant de 1994 et qui prévoit elle-même que face à l’incertitude des progrès de la science et de leurs utilisations à venir elle devra être révisée tous les cinq ou dix ans !!! Quand à la belle formule si bien exprimée par un ami (et que l’on retrouve dans la bouche de tous les dirigeants de gauche) « Je n’aime pas l’idée que ce soit la génétique qui décide de qui rentre en France », le sommet de la mauvaise foi est alors atteint ! Personne n’a idée d’interdire la venue d’enfants adoptifs ! Ce test n’est pas une condition nécessaire à l’entrée d’enfants étrangers en France, il est un moyen facultatif d’y rentrer plus vite ! Sans doute avez-vous de meilleurs arguments à me proposer... je ne demande qu'a changer d'avis. Si je suis opposé à cette mesure c’est que son coût est élevé (environ 300 €) pour une utilité sans doute faible eu égard au nombre sans doute peu élevé de personnes concernées. L’obligation de saisir un juge avant tout test achève de me convaincre de son inutilité. Les juridictions françaises sont suffisamment encombrées et la procédure sera alors allongée ce qui lève le seul avantage de ce test. A coté de ce malaise, ce trouve également un second, celui de voir qu'a coté de l'acharnement sur la mesure évoquée (qui, selon l'avis de la plupart relève plus du symbole qu'autre chose, chacun relevant que le nombre de personnes laissées à la frontière par cette mesure sera probablement proche de zéro) les responsables de mon parti gardent un silence dérangeant sur une autre mesure, censurée par les sénateur UMP, là encore, celle visant à imposer la maîtrise de la langue comme condition préalable au regroupement familial. Comment peut-on garder le silence face à cela ! Comment exiger de la femme d’un immigré chinois qu’elle apprenne le français au fin fond de la Chine ou dans un village pauvre du Sénégal. Même si l’on fait abstraction des difficultés de trouver aux quatre coins du monde un professeur de français, il est complètement cynique de contraindre une personne qui arrive à peine à se nourrir de payer pour apprendre une langue sous peine de ne pas pouvoir rejoindre sa famille. Ce ne sont pas les deux mois (au maximum) de cours de français dispensé par la France dans les pays demandeurs que la loi prévoyait, qui vont permettre à une personne modeste, travaillant et habitant loin d’une ambassade, de changer les choses. Des personnes resterons à la frontière, d’autre verront la procédure encore allongée…les plus vieux, les moins instruits auraient eu le plus grand mal à passer cette « évaluation de la connaissance de la langue et des valeurs de la République ». Mais sur ce sujet là…rien ou presque! Comme si un symbole qui attire les caméras valait moins qu’une mesure inique mais fort peu médiatique tant elle semble relever du bon sens si l’on ne s’y attarde pas…Ce serait donc ça la politique. Du symbole et uniquement du symbole ? Comment condamner la suractivité du Président en invoquant le fait qu’en sur-réagissant sans cesse au moindre fait divers il est dans le symbole et non dans l’action si l’on est soi même attiré par le symbole au détriment des mesures qui elles auront des conséquences ?
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Commentaires Le 07/10/2007 à 22:08, par marion
MERCI
:) Le 09/10/2007 à 17:19, par Cyril
Cher Lionel,
Je suis d’accord avec toi sur notamment un point, l’argumentaire utilisé est souvent très léger. C’est pourquoi, sans prétention, et sans estimé que « moi » je vais réussir à te convaincre, voilà les raisons pour lesquels je ne pense pas que l’on puisse utiliser la génétique pour déterminer des liens familiaux entre les hommes. Quand on analyse de l’ADN, on se rend compte que 99 % de celui-ci est commun à quasiment toutes les espèces de mammifères. Depuis que W. Johannsen en 1909 à découvert l’existence des gènes, l’homme a eu tendance à vouloir tout expliquer par l’ADN (structure moléculaire des gènes), la génétique et donc par l’hérédité. Or pour moi, et pour d’autres scientifiques (lire notamment Axel Kahn, « Et l’homme dans tout ça ? »), l’ADN est avant tout ce qui fait de nous une énième espèce animale, et non l’Homme. Ce qui fait notre spécificité, la spécificité de l‘Homme ce sont nos liens sociaux, notre conscience de l’autre. En effet, nous sommes la seule espèce animale à posséder ce degré de conscience de « l’autre » : des autres espèces vivantes sur terre, des autres hommes etc… Notre spécificité, la spécificité de l’Homme provient donc des liens intellectuels, culturels et sociaux que nous sommes capables de mettre en place. Dès lors il me semble dangereux de réduire la filiation au seul lien génétique, alors que celle-ci dépend, nous le savons tous bien, de rapports "intellectuels" entre individus. Cela revient, d’une certaine manière, en tout cas philosophiquement, à placer l’Homme au niveau de toutes autres espèces animales (en tout cas mammifères). Ce qui pourrait avoir comme conséquence déontologique (de manière un peu extrême je te l’accorde, mais à force de petit pas, on finit par faire du chemin) d’autoriser toute manipulation du vivant humain, ou au contraire d’interdire toute utilisation de modèles animaux en Sciences. Bref dans un sens comme dans l’autre cela correspond à une grande régression intellectuelle pour l’humanité, qui pourrait rapidement ouvrir les portes à de dangereuses dérives. Ainsi Axel Kahn rappel, au sujet de cette loi : "l'un s'appliquant aux familles françaises dont les contours ne peuvent être définis seulement par la biologie, et l'autre aux familles étrangères qui relèveraient des lois de sang" et donc des lois de la biologie ?! @+ Cyril PS : je suis par contre d’accords avec toi, à mon avis cet amendement ne passera pas, mais il aura permis de faire passer tout le reste et cela tranquillement. Le 10/10/2007 à 15:12, par Bou
Cher Cyril,
Merci de ce commentaire auquel je réagis sur deux points. Concernant le premier je suis en parfait accord avec toi. Nous sommes effectivement plus que notre ADN, les liens sociaux c'est ce qui fait toute la spécificité de l'être humain et ce n'est pas l'ADN qui fait une famille mais bien l'amour, l'éducation etc...Bref une famille c'est de la sociologie pas de l'ADN. Mais si tu fais la comparaison avec l'utilisation de l'ADN dans le droit de la famille par exemple, la situation est ici très proche du droit déjà existant. Dans ce domaine l'ADN est un moyen parmis d'autres (comme dans le projet de loi), sur autorisation du juge (comme dans le projet de loi), d'établir une fiiation. Mais ce n'est qu'un moyen parmis d'autres. Le recours à l'ADN en droit de la famille n'empêche pas que le code civil donne le privilège à l'aspect "sociologique" de la famille. En effet, un test ADN même "positif" ne permet pas de remettre en cause une filiation "sociologique" établie depuis un certains temps. La vérité génétique ne permet pas d'effacer la vérité sociologique. Ce n'est qu'un moyen comme un autre permettant parfois d'établir une filiation. Rien de plus. Il me semble que c'est la même situation dans le cadre du projet dont nous débattons. Sur le second plan effectivement, la porte est ouverte comme tu le dis. C'est vrai. Mais comme tu le reconnais aussi les conséquences graves de cette ouverture ne sont envisageables que "de manière un peu extrème". Or, admettre d'interdire une chose pour une question de principe par peur d'eventuelles dérives futures devrait conduire aussi à remettre en cause l'avortement (atteinte indéniable à la vie dont on peut aussi imaginer les dérives) l'avortement thérapeutique ou la recherche de gènes de maladies dans un embryon avant fécondation (premières manifestations d'eugénisme qui ouvrent la porte à des perspectives très incertaines). Pour conclure, je suis moins optimiste que toi et je pense que cet amendement restera dans le texte final. Il ne servira à rien. Il aura juste permis d'opposer encore un peu les gens, il aura satisfait l'électorat de l'extrême droite et aura permis au reste de passer comme une lettre à la poste...Maintenant d'un point de vue objectif et honnête...je n'arrive toujours pas à me convaincre du caractère abject de cette mesure. Le 16/10/2007 à 8:22, par Cyril
Petite réflexion sur la polémique de l’ADN :
Pour nous socialiste, qui nous battons pour que « le culturel » prenne le pas sur « le naturel », nous ne pouvons accepter cette mise en place de tests ADN. Pourquoi ? Parce qu’il me semble que : nous sommes ce que nous sommes et non ce que notre ADN voudrait que l’on soit… en bref, commencer à chercher dans l’ADN la nature des gens (ou la nature des liens entre eux), revient à nier ce que ces personnes ont décidé d’être pour accepter ce qu’elles auraient du être (pb de filiation notamment). Par ailleurs, tu expliques que les tests ADN sont déjà utilisés dans le droit en France (tu me diras si je me trompe, car tu es le mieux placer pour savoir ce qui se fait), mais il me semble qu’ils sont utilisés principalement afin de déterminer la culpabilité ou la responsabilité de certains individus vis-à-vis d’autres individus, ils sont donc dans ces cas précis utilisés comme simple signature (une forme de signature génétique, une empreinte en fait). Alors bien sur, comme toi, je n’apprécie pas toujours la récupération médiatique de gauche faite autour de ces tests, mais cela aura (peut être) permis la formation d’une nouvelle opposition (Modem, gauche, intellectuels)… Voilà c’était juste comme ça en passant … @+ Cyril PS : par ailleurs, ce qui nous permet de justifier l’avortement ou le travail sur les cellules souches, c’est justement les questions de nature et de conscience chez l’homme. Car sinon, il faut savoir que, pour nous biologiste, une cellule est un être vivant, donc si nous tombons dans l’air du tout biologique, nous nous devrons, intellectuellement, de refuser de travailler sur des cellules etc… Le 17/10/2007 à 16:00, par M.
Aucun rapport avec l'ADN, rien à voir avec la politique, juste une proposition, en passant : une balade nocturne pour noctambules avisés dans les rues d'Avignon demain soir ? Pour alimenter ton blog de petites anecdotes et ne plus laisser passer "10 jours... et même un peu plus" sans écrire... C'est trop, bien trop dommage...
Le 17/10/2007 à 16:00, par M.
Aucun rapport avec l'ADN, rien à voir avec la politique, juste une proposition, en passant : une balade nocturne pour noctambules avisés dans les rues d'Avignon demain soir ? Pour alimenter ton blog de petites anecdotes et ne plus laisser passer "10 jours... et même un peu plus" sans écrire... C'est trop, bien trop dommage...
Le 20/10/2007 à 14:42, par Bou
Cyril,
Effectivement étant de gauche, je prévilégie l'acquis à l'inné. Nos gènes sont ce qu'ils sont, ils déterminent une partie de notre personnalité mais bien de manière infime par rapport à l'influence de la société (C'est ce dont je suis intimement convaincu). Cependant, nos gènes sont là...ils existent. En droit français, pour en revenir à ton commentaire, ils sont utilisés comme signature effectivement en matière pénale. Mais on les utilise aussi pour établir un lien de filiation depuis longtemps. Cela dans les mêmes conditions que ce que prévois le projet de loi sur l'immigration. C'est à dire de manière volontaire, et sur autorisation d'un juge. Cela n'a jamais choqué personne. Je ne vois pas en quoi la même procédure par ce qu'elle s'applique à des étrangers serait choquante alors qu'elle ne l'est pas quand elle s'applique à une personne dans le droit interne (qui peut d'ailleurs être française ou étrangère). N'oublions pas qu'a départ (si l'on oublie un instant le coté "drague" de l'électorat d'extrême droite) cette mesure a pour but de faciliter la tahce à des personnes, nées dans des endroits ou il n'existe pas de registre d'état civil et ou l'on a donc peu de moyens pour prouver un lien de filiation. D'un point de vue de "principe" cela ne me choque pas (même si en pratique chacun saisit le caractère démago de la mesure). Le 12/11/2007 à 10:51, par BarbaraAnne
En fait, je suis assez d'accord avec toi mais pas complètement. Ce qui me choque dans cet amendement, c'est tout simplement d'associer, dans certaines conditions, étrangers et ADN. Alors bien sûr, il ne s'agit là que de symbole, car comme tu le dis les conséquences ne seront peut être pas énormes, et d'autres amendements auront peut être des conséquences plus graves. Et là je suis d'accord avec toi, il ne faut pas occulter le reste pour ne se préoccuper que des symboles. Mais à mon avis, les symboles sont très importants. Je crois qu'ils ont de réels conséquences, même si elles sont plus indirectes. Ce qui me fait réellement peur, c'est justement le fait que petit à petit, certains dogmes tombent et certains symboles choquent moins. Max Gallo, dans une émission de France culture a dit "Il faut accepter, par réalisme, la part d’inhumanité de la loi sur l’immigration". Faire un ministère de l'identité nationale et de l'immigration, faire un amendement qui relie etragers qui désirent rejoindre leur famille en France et ADN, vouloir revisiter l'histoire à sa sauce, tout ça, ce n'est que du symbole. Mais ce sont ses symboles et le fait que majorité de français se retrouvent dans ses symboles qui font que la politique de Sarkozy passe et choque de moins en moins. Le terrain de la symbolique est moins noble que celui des réels débats de fond, mais il influence certainement plus, l'évolution d'une société et l'esprit des gens que ce qu'on aimerait penser.
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